Entre la lecture musicale et le concert-spectacle, Quand céderont les tendons explore la musicalité du texte et comment sonne la langue au contact de la musique électronique. Un assemblage-collage-découpage d'extraits pour essayer de nous trouver une place, tenter de donner corps à notre rapport au monde, chercher comment l'habiter.

Avec Guillaume Montaud, Perrine Thomas et Juliette Villenave

 

Les photos d'une sortie de résidence en petit comité aux Coqs Rouges à Bordeaux en février 2018 :

Crédits photographiques : Antoine Delage (photo.grapher.ant@gmail.com) 

A venir : quelques extraits sonores ! 

En attendant, quelques extraits textuels.

Et la mort n'aura pas d'empire.

Les morts nus ne feront plus qu'un

Avec l'homme dans le vent et la lune d'ouest.

Quand leurs os becquetés seront propres, à leur place

Ils auront des étoiles au coude et au pied.

Même s'ils deviennent fous, ils seront guéris,

Même s'ils coulent à pic, ils reprendront pied,

Même si les amants se perdent, l'amour ne se perdra pas,

Et la mort n'aura pas d'empire.

 

Et la mort n'aura pas d'empire.

Depuis longtemps couchés dans les dédales de la mer,

Ils ne mourront pas dans les vents,

Se tordant sur des chevalets quand céderont les tendons,

Attachés à une roue, ils ne se briseront pas.

La foi dans les mains cassera net

Et les démons unicornes les transperceront,

Fendus de toutes parts, ils ne craqueront pas

Et la mort n'aura pas d'empire.

 

Et la mort n'aura pas d'empire.

Les mouettes ne pousseront plus de cris dans leurs oreilles

Et les vagues ne se fracasseront plus sur les rives.

Où s'ouvrait une fleur peut-être qu'aucune fleur

Ne lèvera la tête sous les rafales de pluie,

Même s'ils sont fous et raides comme des rats morts

Leurs têtes martèleront les marguerites,

S'ouvriront au soleil jusqu'au dernier jour du soleil,

Et la mort n'aura pas d'empire.

Dylan Thomas, Et la mort n'aura pas d'empire

L'injonction, partout, à « être quelqu'un » entretient l'état pathologique qui rend cette société nécessaire. L'injonction à être fort produit la faiblesse par quoi elle se maintient, à tel point que tout semble prendre un aspect thérapeutique, même travailler, même aimer. Tous les « ça va ? » qui s'échange en une journée font songer à autant de prises de température que s'administrent les uns aux autres une société de patients. La sociabilité est maintenant faite de mille petites niches, de mille petits refuges où l'on se tient chaud. Où c'est toujours mieux que le grand froid dehors. Où tout est faux, car tout n'est que prétexte à se réchauffer. Où rien ne peut avenir parce que l'on y est sourdement occupé à grelotter ensemble. Cette société ne tiendra bientôt plus que par la tension de tous les atomes sociaux vers une illusoire guérison.

C'est une centrale qui tire son turbinage d'une gigantesque retenue de larmes toujours au bord de se déverser.

Comité Invisible, L'insurrection qui vient 

Pour tout être qui a vécu un peu ou qui s'interroge sur la figure, la forme que sa vie va avoir. On peut chercher plus loin ce que ça signifie, ce peut être une histoire, un conte, plusieurs contes, certaines fables, puis ça peut signifier quelque chose de beaucoup plus simple et en même temps de beaucoup plus complexe et de plus profond, c'est à dire une relation personnelle avec tout ce qu'on appelle, avec tous les grands mots qui servent à définir l'existence, c'est à dire la vie, la mort, Dieu. Tout se passe entre la vie et la mort. Je ne devrai pas dire que tout se passe entre la vie et la mort, je devrai dire que tout se passe entre la vie et la mort et entre la mort et la vie. Ou bien, je ne veux pas trop jouer sur les mots, ou dire que tout se passe entre la vie et la mort c'est évident, c'est ce que tout le monde sait.

Hélène Cixous, Sur le prénom de Dieu

Pour écouter le travail en solo de Guillaume Montaud c'est par ici :  https://soundcloud.com/user-121055810

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